A la grille du château
Quand nous sommes sortis dans la nuit pour les accompagner à la grille du château dans l’attente de l’arrivée imminente d’un carrosse Uber, l’approche d’abord sonore puis sonore et visuelle d’une ambulance a fait monter une petite tension mêlée de questionnements blagueurs et soucieux à la fois, l’application n’étant pas encore un moyen d’appeler des secours. La livraison de poireaux oui, le pimpon pimpon non. Dans l’immédiat. L’ambulance s’est arrêtée tout près. Trois hommes de service en sont descendus pour pousser une civière vide. Ils ont d’abord pénétré par la grille du château puis se sont ravisés pour se diriger vers l’entrée des manants. La dame de quelques étages au-dessus, celle toujours joviale qui parle à tout le monde, est apparue. C’est son mari que les ambulanciers venaient chercher. Je l’ai croisé le lendemain, avec le même visage jovial, une amabilité souriante permente en public qui oscille entre la courtoisie et l’angoisse. Pneumonie, perfusion, hospitalisation....